Face aux incendies qui touchent la France depuis plusieurs semaines, le réflexe catastrophe naturelle est souvent une erreur. Ce qui indemnise réellement une entreprise touchée, et pourquoi il faut agir vite.
Article mis à jour le 27 juillet 2026 à 11h15

Face aux incendies qui touchent la France depuis plusieurs semaines, et dont certains ne sont toujours pas maîtrisés, un réflexe intuitif consiste à penser catastrophe naturelle. C'est une confusion fréquente, et potentiellement coûteuse en cas de sinistre réel. Voici ce qu'il faut vraiment savoir pour une entreprise touchée.
Les événements le plus souvent reconnus au titre de la catastrophe naturelle sont les inondations, les coulées de boue, la sécheresse, et dans une moindre mesure les séismes ou les mouvements de terrain (France Assureurs). Un incendie de forêt ou de bâtiment n'entre pas dans ce cadre, même lorsqu'il est amplifié par une sécheresse ou une canicule. Ce régime s'applique de la même manière aux entreprises qu'aux particuliers, puisqu'il concerne tout contrat garantissant les dommages d'incendie souscrit par une personne physique ou morale (article L125-1 du Code des assurances). Mais dans le cas d'un incendie, il n'y a pas besoin d'attendre un arrêté interministériel de reconnaissance pour être indemnisé, ce n'est simplement pas le bon régime.
Une entreprise touchée par un incendie relève de la garantie incendie de son contrat multirisque professionnelle, un socle standard et quasiment systématique de ce type de contrat. Le délai légal de déclaration est fixé à 5 jours ouvrés minimum à compter du moment où le sinistre est connu (article L113-2 du Code des assurances). Ce délai ne peut être raccourci par le contrat, seulement allongé d'un commun accord entre les parties.
Pour être complet sur la comparaison : le délai de déclaration en cas de catastrophe naturelle reconnue est aujourd'hui de 30 jours après la publication de l'arrêté interministériel, contre 10 jours auparavant (rapport du Sénat). Ce doublement résulte de la loi du 28 décembre 2021, dite loi Baudu, entrée en vigueur pour l'essentiel au 1er janvier 2023. Mais ce délai plus long ne s'applique qu'aux sinistres relevant réellement de ce régime, pas à un incendie.
La loi du 26 mai 2026, dite de simplification de la vie économique, a créé un nouvel article L113-5-1 du Code des assurances (Légifrance). Il prévoit que l'assureur informe l'assuré de son droit de solliciter, à ses frais, une contre-expertise réalisée par l'expert de son choix. Pour un dirigeant qui conteste une évaluation jugée insuffisante après un incendie, c'est un levier à connaître, à faire valoir avant que les travaux de remise en état ne commencent, tant que les traces du sinistre restent visibles.
Un dernier point mérite d'être vérifié avant, pas après, un sinistre : la garantie incendie couvre la reconstitution des biens matériels, elle ne couvre pas automatiquement la perte de chiffre d'affaires liée à l'arrêt d'activité. Cette couverture relève d'une garantie distincte, dite perte d'exploitation, qui reste dans la plupart des cas une option du contrat multirisque professionnelle, et non un élément inclus par défaut (Allianz). Une entreprise qui découvre cette distinction après un incendie, au moment de calculer ses pertes réelles, découvre souvent un angle mort de sa couverture.
Signé : La Rédaction Parlons Business
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