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Finance · 31 juillet 2026 · 15h00

Où placer la trésorerie de votre entreprise en 2026 ?

Le Livret A n'est pas accessible aux entreprises. Entre compte à terme, contrat de capitalisation, fonds monétaires et SCPI, comment arbitrer selon sa fiscalité et son horizon, et qui consulter pour trancher.

Taux qui remontent : où placer la trésorerie excédentaire de son entreprise

Avec la hausse du Livret A au 1er août, beaucoup de dirigeants se demandent où faire fructifier leur trésorerie d'entreprise. Mauvaise nouvelle d'entrée : le Livret A n'est pas une option. Bonne nouvelle : plusieurs solutions existent, avec des mécaniques fiscales très différentes selon le produit choisi, un point que la plupart des dirigeants découvrent trop tard.

Le Livret A, un réflexe qui ne s'applique pas à une entreprise

Le Livret A est réservé aux personnes physiques, à l'exception de quelques structures précises (associations à but non lucratif, syndicats de copropriétaires, organismes HLM). Une société soumise à l'impôt sur les sociétés ne peut tout simplement pas en ouvrir un pour sa trésorerie (Code monétaire et financier).

Le compte à terme : simple, garanti, mais imposé chaque année

Le compte à terme (CAT) professionnel bloque une somme sur une durée fixée à l'avance, en échange d'un taux garanti dès la souscription, généralement entre 2% et 3% selon la durée. Il est couvert par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR) à hauteur de 100 000 euros par établissement bancaire, une limite qui pousse les entreprises disposant d'excédents importants à répartir leurs dépôts sur plusieurs banques.

Le point que beaucoup de dirigeants sous-estiment concerne la fiscalité. Pour une société à l'IS, les intérêts du CAT ne bénéficient d'aucun régime forfaitaire allégé comme le PFU des particuliers. Ils s'intègrent directement au résultat imposable et subissent le taux normal de l'impôt sur les sociétés, 25%, ou le taux réduit de 15% jusqu'à 42 500 euros de bénéfice pour les PME éligibles. Autre point technique à connaître : sur un compte pluriannuel, l'entreprise doit comptabiliser et imposer les intérêts courus chaque année, même s'ils ne sont versés qu'à l'échéance. Ce n'est pas le versement qui déclenche l'imposition, mais l'acquisition du droit aux intérêts.

Le contrat de capitalisation : l'alternative méconnue au vrai avantage fiscal

Moins connu des dirigeants de PME, le contrat de capitalisation pour personne morale fonctionne comme une enveloppe combinant un fonds euros garanti et des unités de compte, et il est accessible aux sociétés. Sa différence structurante avec le CAT tient au calendrier fiscal : la société n'est imposée chaque année que sur un produit forfaitaire calculé sur la base d'un taux de référence, souvent très faible en période de taux bas, plutôt que sur les intérêts réels du contrat. L'essentiel de l'imposition est reporté au dénouement du contrat. Pour une entreprise qui compte immobiliser des excédents sur plusieurs années, ce décalage de calendrier fiscal peut représenter un vrai avantage de trésorerie, à valider avec son expert-comptable au cas par cas selon le niveau des taux au moment de la souscription.

Les fonds monétaires : la liquidité au prix d'une garantie moindre

Les fonds monétaires, ou OPCVM de trésorerie, offrent une liquidité quotidienne ou proche, avec un rendement qui suit de près le taux de dépôt de la Banque centrale européenne, stable autour de 2% depuis la mi-2025. Contrairement au compte à terme, ils ne bénéficient pas de la garantie FGDR, mais restent des produits réglementés et agréés par l'AMF, investis dans des titres de créance jugés très sûrs à court terme.

La SCPI, une option à part, plus rémunératrice mais qui expose le capital

Une quatrième option existe, à la nature différente des trois précédentes : la SCPI, dont le rendement moyen distribué a atteint 4,91% en 2025, en hausse de 0,19 point sur un an (ASPIM). C'est nettement supérieur aux autres supports, mais le capital n'y est pas garanti, contrairement au CAT ou au contrat de capitalisation en fonds euros. Ce n'est donc pas un support de trésorerie de court terme, mais une option à réserver à une fraction d'excédents dont l'entreprise n'aura vraiment pas l'usage avant plusieurs années.

Comment arbitrer, et qui consulter pour le faire

Le choix dépend d'abord de la visibilité du dirigeant sur ses besoins de trésorerie. Pour un excédent dont l'entreprise pourrait avoir besoin dans les prochains mois, le fonds monétaire ou le CAT court terme restent les plus adaptés, malgré la fiscalité annuelle sur les intérêts réels. Pour un excédent stable sur plusieurs années, le contrat de capitalisation mérite d'être comparé au CAT long terme, précisément parce que son mode d'imposition diffère du tout au tout, un arbitrage souvent plus déterminant sur le rendement net final que l'écart de taux affiché entre deux produits.

Cet arbitrage ne se fait pas seul, et il ne se fait pas non plus uniquement en banque. Trois interlocuteurs à mobiliser, chacun sur un rôle différent. L'expert-comptable est le premier réflexe, et souvent le mieux placé pour trancher sur le contrat de capitalisation, précisément parce que le calcul du produit forfaitaire et l'impact du décalage fiscal dépendent de la situation propre de la société, un exercice que lui seul peut faire correctement sur des chiffres réels. Un conseiller en gestion de patrimoine spécialisé en entreprise, ou un courtier en placements professionnels, est utile pour comparer les offres disponibles sur le marché, un exercice que peu de banques font spontanément puisqu'elles ont intérêt à vendre leur propre produit maison. Le chargé d'affaires bancaire reste pertinent pour le compte à terme classique, mais il ne présentera que les produits de son établissement, jamais une vue comparée du marché.

Le bon réflexe pratique : poser la question à son expert-comptable avant son banquier, pas l'inverse. Il a une vision de la trésorerie et de la fiscalité de l'entreprise que la banque n'a pas, et aucun intérêt commercial à orienter vers un produit plutôt qu'un autre.

Sujet construit à partir des règles fiscales applicables aux sociétés à l'IS (Code général des impôts), des mécanismes réglementaires du compte à terme, du contrat de capitalisation pour personne morale et des fonds monétaires (garantie FGDR, agrément AMF), et des données de rendement SCPI 2025 de l'ASPIM.

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