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Dossier été 2026 · Étape 4/15

Nouvelle-Aquitaine : le cognac encaisse un an de droits de douane, entre arrachage de vignes et négociation

6 août 2026 à 10h39 · La Rédaction Parlons Business

Le cognac exporte l'essentiel de sa production vers la Chine et les États-Unis, deux marchés qui le taxent depuis l'été 2025. Un an plus tard, la filière encaisse et s'adapte, entre arrachage de vignes et négociation.

Nouvelle-Aquitaine : le cognac encaisse un an de droits de douane, entre arrachage de vignes et négociation

Cet été, Parlons Business fait le tour de France de l'économie réelle. Aujourd'hui : la Nouvelle-Aquitaine, direction la Charente et le vignoble du cognac.

Le cognac exporte la quasi-totalité de sa production, dont l'essentiel vers deux seuls marchés, la Chine et les États-Unis. Depuis l'été 2025, ces deux marchés taxent le spiritueux charentais avec des droits définitifs (BNIC, France 3 Nouvelle-Aquitaine). Un an plus tard, la filière encaisse et s'adapte plutôt qu'elle ne s'effondre, mais le coût humain reste réel.

Deux régimes de taxation entrés en vigueur la même année

15%. C'est le taux fixé par l'accord entre l'Union européenne et Washington depuis août, après une menace initiale beaucoup plus lourde évoquée par l'administration Trump (Assemblée nationale, Business Wire). En Chine, des droits d'environ un tiers de la valeur sont entrés en vigueur le mois précédent, à la suite d'une enquête antidumping ouverte en représailles aux taxes européennes sur les véhicules électriques chinois (Assemblée nationale). Les trois plus grandes maisons, LVMH-Hennessy, Rémy Cointreau-Rémy Martin et Pernod Ricard-Martell, ont négocié une exemption partielle en s'engageant à respecter un prix de vente minimum, un accord auquel les producteurs indépendants n'ont pas eu accès.

Un marché chinois structurellement fermé sur un canal entier

La taxation n'est pas le seul verrou. La Chine a interdit la vente de cognac dans le circuit hors taxes depuis fin 2024, un canal qui représentait une part significative des ventes du spiritueux dans le pays. Ce blocage persiste indépendamment du régime tarifaire, ce qui prive la filière d'un débouché entier plutôt que d'un simple renchérissement.

L'ajustement structurel du vignoble

"J'ai perdu entre 30 et 40% de mon volume de vente", chiffre Pascal Guilloton, qui dirige une exploitation charentaise et a vu l'une de ses parcelles de plus de 50 ans disparaître après la récolte 2024 (France Info). Son cas n'est pas isolé : la filière a engagé un plan d'arrachage de plusieurs milliers d'hectares sur deux ans, et réclame un accompagnement financier européen pour l'accompagner. Certaines maisons de négoce ont aussi réduit leurs effectifs, une entreprise citée ayant perdu un cinquième de son personnel sur l'année écoulée (Ecomnews).

Un impact désormais chiffré par les grands groupes eux-mêmes

30 millions d'euros. C'est l'impact net des surtaxes que Rémy Cointreau, l'un des trois grands noms du secteur, a publiquement révisé pour son exercice 2025-2026, en baisse par rapport à une première estimation de 45 millions, grâce aux mesures d'atténuation mises en place (Business Wire, communiqué réglementé du groupe). Ce chiffre, rendu public parce que l'entreprise est cotée, donne une mesure rare de ce que représente cette taxation à l'échelle d'un grand acteur. Les plus petits producteurs, eux, n'ont pas cette capacité d'absorption.

Un territoire pris dans un conflit qui ne le concernait pas

Le cognac n'est pas la cause de ce dossier, il en est la victime collatérale. La rétorsion chinoise visait à l'origine les véhicules électriques européens, pas les spiritueux. Pour un dirigeant d'une PME exportatrice dans un tout autre secteur, l'exemple charentais rappelle qu'une dépendance forte à un ou deux marchés expose à des décisions prises sur des dossiers sans rapport avec sa propre activité.

Illustration Parlons Business. Données issues des réponses du ministère aux questions parlementaires sur la filière cognac, Assemblée nationale, du communiqué réglementé de Rémy Cointreau sur l'impact des droits de douane, Business Wire, et des témoignages de producteurs recueillis par France Info Nouvelle-Aquitaine.

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