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Économie · 30 juillet 2026 · 09h15

Transmission artisanat : 72 000 entreprises à céder

Pendant que l'artisanat français bat des records de création, 72 000 sociétés artisanales seront à céder dans les cinq prochaines années, représentant 200 000 emplois. Un potentiel largement sous-exploité.

Artisanat : 72 000 entreprises à reprendre dans les 5 ans, un potentiel largement sous-exploité

Pendant que l'artisanat français bat des records de creation, un autre chiffre mérite l'attention des dirigeants qui songent a la suite de leur carrière, ou a la premiere étape de la leur : 72 000 sociétés artisanales seront à céder dans les cinq prochaines années, représentant 200 000 emplois (Baromètre de l'artisanat ISM/MAAF, décembre 2025).

Un vivier de reprises qui gonfle

Ce potentiel de transmission concerne les entreprises artisanales structurées en société et employant des salariés dont le dirigeant a plus de 60 ans, soit 6% de l'ensemble de ces structures (ISM/MAAF). Ce taux grimpe a 11% dans l'artisanat de fabrication, un secteur particulièrement concerné par le vieillissement de ses dirigeants et la détention de savoir-faire spécifiques par des salariés eux-mêmes proches de la retraite.

Les activités les plus exposées à ces départs sont identifiées précisément : le commerce alimentaire sur marché, la maçonnerie générale, la mécanique industrielle et la réparation automobile (ISM/MAAF).

Un déséquilibre criant entre création et reprise

Le paradoxe est net. En 2024, 278 700 entreprises artisanales ont été créées, un record historique en hausse de 11% sur un an (ISM/MAAF). Mais 90% de ces créations se font ex nihilo, et la reprise ou le rachat ne représente que 8% des installations (ISM/MAAF). Le nombre de cessions de fonds de commerce dans l'artisanat n'a d'ailleurs pas progressé depuis 2018, restant stable autour de 8 360 cessions par an (BODACC, traitement ISM).

Ce qui a changé, en revanche, c'est le prix : le montant médian d'un fonds cédé est passé de 55 000 euros en 2016 à 84 950 euros en 2024 (ISM/MAAF), signe d'une revalorisation des actifs cédés plutôt que d'un afflux de nouvelles cessions.

Ce que ce déséquilibre signifie concrètement

Pour un dirigeant qui approche de la retraite, ce contexte est structurellement favorable à la vente : la demande de reprise reste faible face à un vivier de cessions à venir qui s'annonce important, ce qui joue en faveur des cédants qui préparent correctement leur dossier. Pour un candidat à l'installation, la reprise reste une voie largement sous-empruntée comparée à la création pure, alors qu'elle permet de s'appuyer sur une clientèle et un chiffre d'affaires déjà existants, avec un ticket d'entrée médian sous 85 000 euros, sensiblement plus accessible que beaucoup d'opérations de rachat d'entreprises hors artisanat.

Un enjeu de compétences, pas seulement financier

Catherine Elie, directrice des études de l'ISM, situe l'enjeu au-delà du seul chiffre d'affaires à transmettre : dans l'artisanat de fabrication en particulier, c'est aussi un savoir-faire spécifique porté par des salariés eux-mêmes vieillissants qui risque de se perdre si la transmission ne se prépare pas suffisamment en amont.

Données issues du Baromètre de l'artisanat ISM/MAAF, décembre 2025.

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