98 départements touchés par la sécheresse, 57 en situation de crise. Le gouvernement promet un plan d'urgence, mais le montant exact ne sera connu que le 27 août, quand la FNSEA réclame déjà des milliards.

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Chaque matin, avant même le café, Olivier Danjean va voir son sol. Deux hectares et demi de légumes bio à Plouguin, dans le Finistère. Il n'a pas plu depuis fin mai. "Jusqu'à il y a deux semaines, on avait encore de l'eau parce qu'on fait beaucoup de paillage", explique-t-il. Une partie de sa récolte est déjà morte, brûlée par la chaleur, grignotée par des nuisibles que la sécheresse a rendus plus voraces. Il tient encore, lui, grâce à ses 400 kilos de tomates hebdomadaires. Mais il connaît la suite : "un hiver de vache maigre."
Son histoire n'a rien d'exceptionnel, c'est ça le problème. Prince de Bretagne, la principale coopérative légumière régionale, parle désormais de "crise majeure". Les chiffres donnent le vertige : jusqu'à 100% de pertes sur certaines cultures, 40% de rendement en moins sur les haricots industriels, seulement 40% des prévisions atteintes sur les pois. En cause, un déficit de pluie de 50% en juillet, et un talon d'Achille structurel que personne n'avait vu venir à cette échelle : à peine 15 à 20% des parcelles bretonnes sont irriguées. "L'État doit venir en aide aux producteurs les plus touchés, au risque d'en voir un nombre important mettre la clé sous la porte", prévient Marc Kerangueven, président de l'AOP Cerafel-Prince de Bretagne. Ce n'est pas une formule, c'est un décompte à venir.
Le 5 août, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a dégainé un plan baptisé CASI, Canicule-Sécheresse-Incendies. Sur le papier, il coche les bonnes cases : aide d'urgence à la trésorerie, prise en charge de cotisations sociales, dérogations administratives, coup de pouce pour relancer la production. Des "prêts sécheresse" sont aussi à l'étude, pour racheter semences et fourrage en attendant la moisson suivante. À l'échelle du pays, 98 départements sont touchés, 57 d'entre eux au niveau de crise maximal.
Reste une inconnue, et elle pèse lourd : combien. Le 14 août, la ministre a parlé de "plusieurs centaines de millions d'euros", sans trancher. Le vrai chiffrage n'arrivera que le 27 août, quand tous les préfets de région, outre-mer compris, se réuniront pour établir le montant exact. En face, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau ne parle déjà plus de millions. Lui parle de milliards. L'écart entre les deux mots, centaines de millions d'un côté, milliards de l'autre, c'est tout l'enjeu de cette réunion à venir.
La sécheresse n'arrive pas seule. Fin juillet, des éleveurs bloquaient déjà un site du groupe Bigard, furieux d'une baisse de 15 à 30% des prix d'achat de la viande bovine. Deux crises différentes, un même monde agricole qui encaisse les deux à la fois. À Plouguin, Olivier Danjean, lui, continue de vérifier son sol chaque matin. Le 27 août approche. Il ne sait pas encore ce que ce plan changera vraiment pour sa ferme.
Données issues de Sécheresse en Bretagne : la production légumière lourdement touchée, Réussir Fruits & Légumes, de "C'est l'hécatombe" : cet agriculteur du Finistère fait face aux dégâts de la sécheresse, ICI, et de Canicule et sécheresse : le gouvernement prépare un plan d'urgence pour les agriculteurs, Echos Plus.
Signé : La Rédaction Parlons Business
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