Chantilly n'est pas qu'un château et une forêt, c'est le premier centre d'entraînement de chevaux de course d'Europe. Autour de lui, l'Oise vient d'être confirmée comme le premier territoire français de la filière hippique.

Photo : Pascal Bernardon · Unsplash
Cet été, Parlons Business fait le tour de France de l'économie réelle. Aujourd'hui : les Hauts-de-France, mais loin des usines, direction Chantilly et le monde du cheval.
Chantilly n'est pas qu'un château et une forêt, c'est le premier centre d'entraînement de chevaux de course d'Europe. Autour de lui, l'Oise vient d'être confirmée comme le premier territoire français de la filière hippique, avec 847 emplois dans l'entraînement des chevaux de course en 2025, une progression de 10% sur un an (Observatoire social 2026, AFASEC).
À l'échelle de la France entière, la filière hippique représente 40 000 emplois directs et indirects, éleveurs, entraîneurs, cavaliers, personnels d'écuries, répartis sur 220 sociétés de courses (France Galop). Elle contribue à hauteur de 2,3 milliards d'euros au PIB national et génère un excédent commercial de 770 millions d'euros. Rien qu'en 2025, la filière a attiré 2,6 millions de spectateurs sur les hippodromes.
Devenir propriétaire d'un cheval de course ne s'arrête jamais au prix d'achat. Un cheval acheté en vente aux enchères, souvent jeune et sans le moindre résultat en piste, un simple pari sur son potentiel, entraîne ensuite des frais mensuels récurrents tout au long de sa carrière : pension à l'écurie, entraînement quotidien, suivi vétérinaire, engagements en course. C'est précisément cette récurrence qui fait vivre l'écosystème économique de Chantilly toute l'année, bien après la vente elle-même : vétérinaires équins, maréchaux-ferrants, transporteurs spécialisés, selliers, fournisseurs d'aliments et d'équipement.
La fréquentation progresse, mais l'argent qui fait vivre la filière, lui, recule. Le financement historique de la filière hippique repose sur les paris, aujourd'hui en net repli, ce qui met le modèle sous tension malgré l'affluence sur les hippodromes. Consciente du problème, la gouvernance de la filière a lancé un plan de transformation sur cinq ans, pour sécuriser durablement son financement et moderniser son offre, sans attendre que la baisse des paris ne fragilise davantage tout l'écosystème local qui en dépend.
Pour une petite entreprise locale, ce n'est pas un secteur qu'on intègre du jour au lendemain, il demande des compétences très spécifiques, souvent transmises sur plusieurs années d'apprentissage. Mais une fois cette porte d'entrée franchie, la récurrence des besoins, un cheval de course reste en entraînement plusieurs années, offre une visibilité économique que peu d'autres filières locales peuvent garantir.
Données issues de L'Oise s'impose comme le premier territoire français de la filière hippique, La Gazette France, Observatoire social 2026 de l'AFASEC, de 2,6 millions de spectateurs en 2025, France Galop, et de la présentation du marché du yearling en France, Horses Races Pro.
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