Jamel Stiti, grossiste en serrurerie à Paris, a déjà basculé vers la facturation électronique. Autour de lui, 72% des entreprises se croient prêtes, mais seules 2,7% le sont réellement selon les données officielles de la DGFiP.

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Jamel Stiti dirige SH Distribution, un grossiste en serrurerie dans le XIe arrondissement de Paris, dont la clientèle est professionnelle à 90%. Il a déjà équipé son entreprise d'un logiciel de facturation compatible. Il fait partie d'une minorité qui a de quoi se sentir vraiment tranquille, et le mot "minorité" n'est pas une exagération.
72% des entreprises françaises se disent certaines d'être prêtes pour l'échéance du 1er septembre. Mais en croisant les données réelles de la DGFiP avec le nombre total d'entreprises assujetties à la TVA, seules 2,7% sont effectivement inscrites avec une adresse de réception fonctionnelle, 120 000 entreprises sur 4,5 millions. Ce n'est plus un écart de perception mesuré par sondage, c'est un fait vérifiable dans l'annuaire officiel de l'administration fiscale elle-même.
La dynamique s'accélère, ce qui nuance sans effacer l'urgence. Entre décembre 2025 et mai 2026, le nombre d'entreprises enregistrées auprès d'une plateforme agréée est passé de 375 000 à 1,1 million, une hausse de 300% en six mois. Malgré cette accélération, seule une entreprise sur six était inscrite à cette date, selon le baromètre publié par Indy. Certaines professions tirent le mouvement : les freelances (60% inscrits), les agents immobiliers (50%) et les artisans du BTP (45%) apparaissent nettement plus avancés que la moyenne.
Le clivage ne se joue pas sur la bonne volonté, mais sur l'accompagnement. Les entreprises suivies par un expert-comptable s'en sortent nettement mieux : 61% d'entre elles le considèrent comme leur principale source d'information sur la réforme, et 78% estiment qu'il jouera un rôle déterminant dans sa mise en œuvre (baromètre OpinionWay pour l'Ordre des experts-comptables, février 2026). À l'inverse, les entreprises individuelles sans salarié ni cabinet comptable, 76% du retard total selon la même étude, avancent seules, souvent sans savoir par où commencer.
Le gouvernement a confirmé, par la voix du ministre David Amiel puis dans un guide pratique de la DGFiP publié en juillet 2026, qu'il n'y aurait pas de sanctions automatiques au démarrage pour les entreprises de bonne foi rencontrant une difficulté documentée. Un numéro dédié a même été ouvert pour accompagner la bascule. Mais l'administration est explicite sur un point : ce n'est ni un report ni une suspension du calendrier légal. La tolérance ne s'applique qu'aux entreprises engagées dans une véritable trajectoire de mise en conformité, plateforme choisie, tests en cours, pas à celles qui n'ont encore rien entamé.
Données issues du Baromètre facturation électronique 2026, données DGFiP et France Num agrégées, Comparateur e-Facturation, du Baromètre de la facturation électronique 2026, Indy, du Baromètre de la facturation électronique, 7e édition, OpinionWay pour l'Ordre des experts-comptables et ECMA, et du témoignage de Jamel Stiti (SH Distribution), initialement recueilli par Le Parisien, relayé par France Num.
Signé : La Rédaction Parlons Business
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