Revolut comptait 8 millions de clients français au 8 juillet 2026, plus téléchargée qu'Instagram ou TikTok sur le premier semestre. Le 10 août, la néobanque a obtenu sa première vraie licence bancaire française.

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En 2014, dans un accélérateur technologique de Canary Wharf à Londres, deux anciens traders, Nikolay Storonsky et Vlad Yatsenko, lancent une carte prépayée pensée pour éviter les frais de change à l'étranger. Douze ans plus tard, cette idée est devenue une banque revendiquant 75 millions de clients dans le monde, et vient d'obtenir, le 10 août 2026, sa première vraie licence bancaire française.
Le chiffre donne le tournis autant qu'il inquiète les banques traditionnelles. Revolut comptait 8 millions de clients français au 8 juillet 2026, un million de plus qu'en avril, 500 000 recrutés sur le seul deuxième trimestre. Sur le premier semestre 2026, l'application a été plus téléchargée en France qu'Instagram, TikTok ou WhatsApp, se hissant au dixième rang toutes catégories confondues, deux fois et demie plus que son premier concurrent bancaire. L'objectif affiché pour la France : 10 millions de clients d'ici fin 2027.
Jusqu'au 10 août, tout ce succès reposait sur un montage juridique peu visible pour l'utilisateur final : les comptes français dépendaient d'un établissement letton, Revolut Bank UAB, supervisé depuis Vilnius. La Banque centrale européenne et l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution ont désormais agréé Revolut Bank S.A., une filiale de plein exercice basée à Paris, ce qui fait basculer la supervision réelle sur le territoire français pour la première fois.
La demande d'agrément avait été déposée en juillet 2025, accompagnée d'un projet d'investissement de 1,1 milliard d'euros en France. Le dossier a mis un an à aboutir. Signe de l'ambition affichée sur ce marché, le conseil d'administration de Revolut Bank S.A. est présidé par Frédéric Oudéa, ancien directeur général de la Société Générale, aux côtés de Béatrice Cossa-Dumurgier, qui dirige la zone Europe de l'Ouest du groupe.
Sous supervision lettone, Revolut ne pouvait pas commercialiser en France les produits d'épargne réglementée, ni proposer de vrais crédits immobiliers. La nouvelle licence change la donne : Livret A, LDDS, plan d'épargne en actions, crédit immobilier deviennent accessibles, et les dépôts basculeront progressivement sous la garantie française plutôt que lituanienne. Aucun calendrier de transfert des comptes clients n'a toutefois été communiqué à ce stade.
Cette montée en gamme intervient après une période où la Banque centrale européenne avait justement bridé l'expansion de Revolut en Europe, en imposant des restrictions liées à des lacunes dans le contrôle des risques. L'obtention d'une licence bancaire complète, avec une supervision directe de l'ACPR, peut se lire comme un signal que ces réserves s'estompent, sans que la BCE l'ait formellement confirmé.
Données issues de Revolut obtient son agrément bancaire français et fait de Paris son centre pour l'Europe de l'Ouest, Le Journal des Entreprises, de Revolut et 8 millions de clients en France, Finyear, 8 juillet 2026, et de Revolut passe sous supervision française : l'ACPR et la BCE agréent Revolut Bank S.A., Les Outils Pro.
Signé : La Rédaction Parlons Business
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