Il existe un métier que plus aucune entreprise française ne pratique, sauf une. Selectarc, dernier fabricant d'électrodes de soudure du pays, vient d'entrer dans le giron de Framatome pour sécuriser un maillon jugé trop fragile pour disparaître.

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Il existe un métier que plus aucune entreprise française ne pratique, sauf une. À Grandvillars, dans le Territoire de Belfort, Selectarc fabrique des électrodes et fils de soudure, un savoir-faire disparu partout ailleurs en France. Le 11 juin 2025, Framatome, le géant français du nucléaire, est entré à hauteur de 40% dans son capital. Pas pour spéculer, pour sécuriser un maillon jugé trop fragile pour disparaître.
Personne ne pense à la soudure en admirant un sous-marin ou une centrale nucléaire. Pourtant, c'est elle qui assemble les circuits primaires des réacteurs et les coques des sous-marins lanceurs d'engins. Une soudure mal maîtrisée, sur ce type d'équipement, n'est pas un défaut mineur, c'est un risque de sécurité majeur. Framatome ne pouvait pas se permettre de dépendre d'un fournisseur fragile, ni pire, d'un fournisseur étranger, pour un composant aussi critique. C'est exactement ce qui a motivé son entrée au capital : sécuriser l'approvisionnement plutôt que le laisser filer.
Selectarc n'est pas une jeune pousse portée par l'air du temps. Ses origines remontent à 1796, à une forge familiale fondée par Juvénal Viellard. L'entreprise s'est lancée dans la soudure en 1952, avant de tout regrouper dans une usine flambant neuve de 8 000 m² à Grandvillars en 2014. Aujourd'hui, elle emploie environ 140 personnes dans le monde, dont une centaine en France, pour environ 40 millions d'euros de chiffre d'affaires.
C'est la phrase qui résume le mieux l'échelle de temps dans laquelle Selectarc évolue désormais. Quand ses dirigeants évoquent la prochaine génération de centrales nucléaires avec Framatome, l'horizon envisagé n'est pas la prochaine décennie, il est littéralement la fin du siècle. Un fournisseur qui rejoint ce genre de filière ne signe pas un contrat, il s'engage sur plusieurs générations.
Ce nouvel ancrage dans le nucléaire et la défense ouvre des portes que Selectarc n'avait pas explorées jusqu'ici. L'entreprise regarde par exemple avec intérêt les Chantiers de l'Atlantique, qui consomment 1 200 tonnes de produits de soudage chaque année, exactement le site nazairien dont le carnet de commandes est plein jusqu'en 2028, entre paquebots et futurs navires militaires. Un savoir-faire régional qui pourrait alimenter un autre géant industriel français, à l'autre bout du pays.
Ce genre de sauvetage n'est pas isolé. Une région entière se positionne aujourd'hui sur le nucléaire et la défense, portée par une feuille de route régionale 2026-2030 qui veut aider davantage de PME à accéder à ces marchés. Pour un dirigeant industriel, la leçon de Selectarc est simple : un savoir-faire rare et critique, même dans un métier aussi discret que la fabrication d'électrodes, peut devenir une planche de salut quand un grand donneur d'ordre a besoin de sécuriser sa chaîne d'approvisionnement.
Données issues de Grandvillars : le nucléaire et la défense pour dynamiser l'activité de Selectarc, Le Trois, de Notre histoire, Selectarc, et de Défense : la Région passe à l'offensive, Région Bourgogne-Franche-Comté.
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