84,7 millions de tonnes de marchandises ont transité par l'axe Seine en 2025, un record, malgré la refonte des alliances maritimes mondiales et les droits de douane américains. Le premier hub logistique de France démontre sa résilience.

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Cet été, Parlons Business fait le tour de France de l'économie réelle. Aujourd'hui : la Normandie, direction Le Havre.
84,7 millions de tonnes de marchandises ont transité par l'axe Seine en 2025, un record, en hausse de 2% malgré une année marquée par la refonte des grandes alliances maritimes mondiales et les droits de douane américains (HAROPA Port). Premier hub logistique de France, l'ensemble portuaire Le Havre-Rouen-Paris démontre, dans ses propres mots, "la robustesse de son modèle".
Le trafic de conteneurs a franchi un seuil historique en 2025, avec 3,2 millions d'EVP traités, une progression de 4%. Ce résultat n'avait rien d'acquis : début d'année, la reconfiguration des grandes alliances maritimes internationales faisait craindre une perte d'escales pour Le Havre. Il n'en a rien été, le port conserve sa place sur les routes Asie-Europe et transatlantiques, avec trois armateurs mondiaux, MSC, CMA CGM et Hapag-Lloyd, toujours actionnaires de ses terminaux à conteneurs.
L'instauration des droits de douane américains a bel et bien eu un effet mesurable : une anticipation des exportations vers les États-Unis en tout début d'année, suivie d'un ralentissement. Le port a encaissé ce choc conjoncturel sans que ça ne fasse dérailler sa trajectoire annuelle, un signal de résilience plutôt qu'une preuve d'immunité.
190 millions d'euros ont été investis en 2025, en hausse de 30%. Le projet le plus emblématique, la chatière du Havre, doit faciliter l'accès fluvial à Port 2000 dès 2027, pour un coût de 200 millions d'euros. L'ambition dépasse le seul trafic maritime : HAROPA Port dispose déjà de 456 hectares en Normandie, et prévoit de mobiliser jusqu'à 800 hectares d'ici 2030 pour de nouveaux projets industriels et logistiques, notamment liés aux énergies renouvelables.
L'ensemble de l'activité maritime et fluviale de l'axe Seine génère 7,3 milliards d'euros de richesse et environ 160 000 emplois associés. Pour une entreprise normande, même sans lien direct avec le transport maritime, cette masse critique logistique pèse sur toute la chaîne d'approvisionnement régionale, des délais de livraison aux coûts de fret, un paramètre que peu de dirigeants pensent à surveiller directement alors qu'il conditionne une partie de leur compétitivité.
Données issues du communiqué de résultats 2025 et perspectives 2026, HAROPA Port, 21 janvier 2026, et de HAROPA : trafic maritime, fluvial et conteneurs en hausse sur l'axe Seine, Mer et Marine.
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